Avancement du projet

L’ association « Forêts tropicales humides : le film  » a été crée à l’automne 2009. Son objet est de se consacrer à la réalisation d’un film long métrage de deux heures environ adressé au grand public. Ce film doit être tourné en relief. Il sera techniquement complexe  à réaliser puisqu’il est prévu de filmer les grandes forêts des trois continents : Amazonie, Afrique et Asie du sud est.

Francis Hallé de retour d’une mission exploratoire au Laos précisera la possibilité d’une mission scientifique ainsi que les aspects techniques (détails qui seront décrits dans la rubrique « mission en cours »).


PRÉ-SCÉNARIO PROPOSÉ PAR FRANCIS HALLÉ  et  EDMOND DOUNIAS :

FORÊTS   TROPICALES   HUMIDES   :   LE   FILM


1 – INTENTION   GÉNÉRALE

2 –  FORÊTS    DIVERSES   ,   DÉFORESTATION

3 – LA   FORÉT   PRIMAIRE   :   LES   SOUS-BOIS  ET   LES   SOLS

4 –  LA    CANOPÉE   DE   LA   FORÊT   PRIMAIRE

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1 – INTENTION   GÉNÉRALE

1A – QUELQUES   IDÉES   D’ENSEMBLE
La tonalité générale de notre film rendra compte de la grandeur de la forêt dans son ensemble, de sa force et de sa sereine beauté. Un cinéaste talentueux parviendrait à montrer que cette forêt doit s’appréhender en l’absence de l’homme n’est pas faite pour l’homme, à qui il importe donc de réserver une place « effacée ». La forêt est un géant aux pieds d’argile. Sa complexité et sa diversité sont paradoxalement aussi la source de sa fragilité, et l’homme peut facilement et rapidement la détruire s’il ne tient pas compte de ce subtil équilibre., L’ancienneté de la présence de l’homme en forêt prouve que quelques peuples ont su « pactiser » avec la forêt sans nécessairement la détruire et ont discrètement et modestement contribué à son histoire (leçon d’humilité pour l’Occident prétendument omniscient).
Trop de films prétendument consacrés à la forêt relèguent celle-ci en arrière-plan. La forêt ne sert généralement que de décor, certes majestueux, à un récit où l’homme occupe le devant de la scène. La forêt doit rester l’actrice principale d’un « one lady show » où la présence de l’homme doit être juste ressentie, esquissée, tel un léger murmure dissonant de tronçonneuse que l’on ne voit jamais.
Au delà de l’ensemble forestier, nous montrerons des détails : événements climatiques, faune et flore, interactions plantes-animaux, etc. ; à cette échelle, la beauté persiste et , si le cinéaste dispose d’une suffisante sensibilité naturaliste, il s’y ajoute un puissant intérêt intellectuel.
Il sera important de lutter contre de vieux poncifs datant de l’époque coloniale : dangers irréels, peur, impénétrabilité, enfer vert, fantasmes divers ; il pourrait être utile de citer quelques témoignages historiques de ces peurs et de ces fantasmes.
Plutôt que sur la déforestation en cours – pour laquelle quelques images suffiront, celles des abattages dans « Arbres » par exemple – il est préférable d’insister sur l’utilité, la beauté et l’intérêt de ce que nous sommes en train de perdre.

J’attire l’attention sur la place privilégiée que nous devrions donner à la musique, moderne ou classique ou ethnique : elle pourrait remplacer la plupart des commentaires, comme elle le fait dans « Microcosmos ».

1B – STRUCTURE   DU   SCÉNARIO
La suite a été organisée en une série de 37 « plans ». Il est probable que tout ne pourra pas être filmé. J’ai souligné les « plans » particulièrement importants, en indiquant les continents concernés (Afrique : Af., Amérique : Am., Asie : As., Madagascar : Mad., Mélanésie : Mel.). Sans indication de lieu, un « plan » pourra être filmé dans n’importe quelle forêt tropicale primaire.
En rupture avec nos prédécesseurs, cette approche de la forêt donnera plus d’importance aux plantes qu’aux animaux : ces derniers auront la place discrète qui leur revient, sauf sur la canopée, où ils sont omniprésents (4I).

2 – FORÊTS   DIVERSES,   DÉFORESTATION

2A – LA   FORÊT   PRIMAIRE
La canopée étant fermée, la lumière au sol est très faible (0,1 à 0,5 %).
La progression est facile sur un sol nu, entre les bases d’énormes troncs. Trajet en vélo ?
La stratification verticale de la forêt et sa structure horizontale en mosaïque.
« Le paradoxe des trois continents ». Les forêts primaires sont très semblables – voire identiques –  dans les trois continents tropicaux : mêmes paysages, même ambiance, mêmes odeurs, mêmes sonorités, mêmes lumières, etc.  et pourtant pas une seule espèce végétale ou animale n’existe dans les forêts primaires de deux continents différents.

2B – L’EAU   DANS   LA   « RAINFOREST »
Un aspect essentiel, à traiter avec vigueur et générosité.
Brumes nocturnes et matinales.
Fortes pluies quotidiennes, dont l’arrivée est annoncée par un grondement sourd. Tonnerre et éclairs.
Ruissellement le long des troncs.
Le sol est couvert de flaques d’eau ; les ruisseaux se forment dans le sous-bois et alimentent les plus grands bassins hydrographiques du monde. Passer progressivement de la goutte d’eau perlant sur une feuille à la cacophonie de grandes chutes d’eau et de fleuves titanesque
Les flux de sève (l’eau circulant DANS la végétation) ; les lianes à eau

2C – LA   LUMIÈRE
L’ascension des lianes et des jeunes arbres vers la lumière.
A l’aube et au crépuscule, il fait nuit dans le sous-bois, mais les hautes cimes sont en plein soleil.
Le déplacement des flèches lumineuses au sol, à mesure que la journée avance.
Les « plantouzes » de sous-bois dans toute leur chatoyance malgré la faible lumière, avec leur biologie et leur écologie particulières (un parallèle avec les fonds abyssaux ?)
La trouée forestière (mort d’un arbre, chablis) comme moteur de modification d’exposition à la lumière et de régénération forestière

2D – DES   ARBRES   ÉTRANGES
Les petits arbres qui collectent l’humus à la base de leurs feuilles.
Les Figuiers étrangleurs et la biologie florale des figues.
Les arbres à èchasses : Palétuviers, Uapaca (Af.), Palmiers (Am.)
Les arbres « cauliflores », c’est-à-dire ayant leurs fleurs sur le tronc.
Chez certains arbres, les fleurs sont au bas du tronc : Baccaurea (As.)
Les fleurs sont parfois sur le sol, issues de tiges souterraines : Paraphyadanthe (Af.)., ou encore portées par les feuilles de l’arbre : Phyllobotryon (Af.).
Ebènes, Bois d’Aigle (As.), Balsa  (Am.), etc.

2E – LES   TRÉS   GRANDS   ARBRES
Un arbre traverse trois étapes au cours de sa vie : on distingue les « arbres d’avenir », les « arbres du présent » et les « arbres du passé ».
Arbres du présent : la caméra descend le long d’un tronc de 50 mètres, et l’on en découvre alors le gigantisme, que l’on évalue mal depuis le sol.
Arbres à latex, arbres à gutte, arbres qui font un bruit de soda lorsqu’on les blesse.
Les contreforts à la base des troncs : Ceiba, Ficus, Pterocarpus, etc.
La timidité entre arbres de même espèce, vue depuis le sol.
Contrairement à nos arbres d’Europe, les grands arbres tropicaux ont souvent des fleurs spectaculaires : Wapa, Couroupita, Vochysia, Couma (Am.), Spathodea , Baikiaea (Af.) ou Amherstia (As.).
Désynchronisme dans une cime, comme si l’on voyait coexister l’hiver, le printemps, l’été et l’automne dans la cime d’un même arbre.
En caméra fixe permettant un accéléré : les différences entre un sempervirent et un caducifolié

2F – LES   LIANES
Ce sont les plantes les moins connues du monde, à cause de la difficulté de les récolter.
Les méthodes d’ascension : lianes volubiles, à vrilles, à crochets, flagelles et grappins.
Filmer la vitesse de croissance « en direct » : comme la grande aiguille d’une pendule.
Devenues énormes (leurs diamètres atteignent 1 mètre), les lianes restent souples : des coupes permettent d’observer de superbes anatomies sur le vivant, et des couleurs somptueuses qui ne sont pas faites pour être vues.
Lianes à eau, lianes cauliflores, lianes à latex.
La lutte entre les lianes et les arbres.
Suivre une liane depuis le niveau du sol jusqu’à sa floraison dans la canopée.

2G – LES   FORÊTS   TROPICALES   INONDÉES
Mangroves ; les Palétuviers, arbres mobiles, en mer à marée haute.
Varzea et Igapo (Am.) : là c’est de l’eau douce. Déplacement en bateau entre les arbres.
Marais forestiers, rivières sous les arbres.
Raphiales (Af.), forêts de Pandanus (Mel., Mad.).
Marais à Sagoutiers (As.), des Palmiers aux redoutables épines.
Méandres isolés (Am.) avec des végétations aquatiques et une faune spectaculaires.

2H – LES   FORÊTS   DE   MONTAGNE
Pluviométrie : plusieurs mètres d’eau par an, 4 ou 10 ou davantage.
Entre 1000 et 2000 mètres, les arbres sont bas, avec des troncs tourmentés et des branches sinueuses surchargées de plantes épiphytes.
La canopée étant ouverte, les sous-bois sont lumineux et les épiphytes descendent au sol.
Les Dendrobates, des grenouilles superbes mais dangereuses.
Vers 3000 mètres, on voit apparaitre les premières plantes qui évoquent l’Europe : ronces, garances, primevères, violettes, etc.

2I – LA   DÉFORESTATION   TROPICALE
C’est à montrer, mais sans insister car c’est déjà largement connu.
Exploitation. Exportation des bois, bois d’œuvre et bois précieux, vers les pays industriels.
Mines à ciel ouvert, barrages, ouvertures de routes, urbanisation, orpaillage et pollution des rivières.
Défrichements pour l’agriculture industrielle.
Forêts secondaires (2J), feux et savanisation.

2J – LA   FORÊT   SECONDAIRE
Les causes de la « secondarisation » sont évoquées ci-dessus (2I).
Canopée déstructurée et lumière forte.
Sol couvert de plantes, progression difficile : on doit ouvrir la piste, pas à pas.
Arbres pionniers (2K), aux troncs clairs tous semblables : croissance rapide, bois mous et vastes feuilles percées de nombreux trous.

2K – LES   ARBRES   PIONNIERS
Ces arbres ont de très grandes feuilles, peu de défenses biochimiques et une vie courte.
Shizolobium à croissance très rapide, Imbauba, Papayers, Manioc, Balsa (Am.).
Parasoliers, Anthocleista (Af.).
Bananiers, Macaranga, Neolamarckia (As.).
Germinations excédentaires ; « suicides » en masse des plantules génétiquement faibles.
Mais souligner leur rôle dans la cicatrisation de la grande forêt primaire. Pas d’installation des grands arbres sciaphiles sans la nécessaire intervention des pionniers

2L – LES   HOMMES   DE   LA   FORÊT
Images d’archives
Pour rester dans l’esprit de citations d’auteurs décrivant leur choc à la découverte de la forêt, je suggère de mettre en scène les peuples de la forêt par des images d’archives, rares et méconnues. Cet usage satisfait à un intérêt triple :
–    Valoriser un patrimoine cinématographique riche mais ignoré du grand public (cf ce fabuleux documentaire sur la seconde guerre mondiale avec ces images d’archives remasterisées).
–    Signifier que les relations harmonieuses entre homme et forêt relèvent du passé. Les nomades de la forêt sont aujourd’hui sédentaires et sont en passe de devenir malgré eux de terribles déprédateurs des forêts car leurs nouveaux modes de vie sont en rupture avec la forêt. Ils faut arrêter de fantasmer sur ces peuples qui ne sont que les fantômes d’eux-mêmes et qui aspirent de façon légitime à leur part de modernité et de mondialisation, au détriment de leur connivence avec la forêt/
–    Cet ancrage dans le passé récent permettrait de faire la transition vers l’écologie historique.
Ecologie historique : le fil conducteur est de raconter comment des sociétés ont su vivre en forêt durant d’innombrables générations sans porter atteinte à son intégrité. Ces hommes, au fil de cette longue fréquentation, ont apposé leur empreinte ténue, quoique réelle, sur les forêts. Ils ont entretenu de la biodiversité, tout en infléchissant sa répartition. Cela ne fait guère plus de 15 ans qu’une frange de la communauté scientifique s’intéresse aux conséquences de cette présence humaine ancienne sur la composition actuelle des forêts. Certaines forêts que l’on a longtemps considéré comme « naturelles » se révèlent en réalité être le fruit d’une co-construction entre l’homme et les ingénieurs naturels, les 2 agissant en interactions et s’avérant souvent difficiles à dissocier : souvent, ils se succèdent dans le temps, lorsque des processus naturels viennent prendre la suite d’une occupation humaine interrompue. La forêt qui en résulte est incontestablement naturelle, mais n’aurait pas pris cette configuration particulière sans l’intervention de l’homme à un moment donné de son histoire.
Cette écologie historique peut se décliner à travers plusieurs exemples :
–    Les arbres orphelins (Af.) : ces arbres issus d’un abattage sélectif lors de la création d’un champ et qui vont influencer la composition floristique des recrus post-agricoles et vont contribuer à la diversification de la mosaïque forestière.
–    Les sentiers territoriaux fréquentés par les peuples nomades qui, de bivouacs en campements, modifient subtilement la composition et la répartition des plantes.
–    La paradomestication : les ressources sont encore « spontanées » mais leur distribution n’est plus aléatoire : sagoutiers (As.), palmiers acai (Am.), ignames (Af.), feuilles de Marantacées pour la construction des huttes hémisphériques des Pygmées (Af.), cochon semi-domestique de Papouasie (As.), fruits de bouche : manguiers sauvages et durians (As.), Annonidium (Af.), graines à sauces : Irvingia, Afrostyrax, Scorodophleus, Panda, Coula, Ricinodendron (Af.). Montrer comment la fréquentation répétée des lieux de séjour temporaires favorise la germination de ces graines et l’implantation de ces plantes utiles (forte concentration de graine après consommation humaine, débroussaillage du sous-bois, cendres et charbons des foyers, léger clairiérage laissant filtrer la lumière) et comment certaines règles sociales d’appropriation assurent un contrôle de la ressource (moabi, ignames sauvages).
–    Les champs surélevés du littoral guyanais et les terra preta (Am.), ces sols noirs de forêt très riches en charbon de bois et très fertiles, qui témoignent d’une occupation agricole ancienne dans des paysages qui ont aujourd’hui toute l’apparence d’une forêt primaire.
–    L’avancée de la forêt sur la savane dans les zones d’écotone forêt/savane d’Afrique, et le fait que l’avancée soit plus rapide dans les savanes incluses où l’homme a autrefois implanté ses villages. De façon inconsciente et induite, l’occupation humaine a accéléré l’avancé du front forestier.
–    L’interprétation des ilôts forestiers de Guinée Conakry comme des réminiscences d’une forêt aujourd’hui disparue alors qu’il s’agit d’espaces forestiers « construits » par l’homme et gagnés sur la savane édaphique (Leach et Fairhead, « misreading the African landscape » 1996, voir le film « second nature »).
–    Le rôle des bois sacrés comme sanctuaires de biodiversité.
Le challenge est de raconter toutes ces histoires de l’empreinte « positive » de l’homme sur les paysages forestiers en montrant l’homme le moins possible. L’homme devient un bruit de fond, un élément d’arrière-plan, histoire d’inverser les rôles par rapport à tous ces films dans lesquels c’est la forêt qui sert de décor.

Autre approche de la présence de l’homme en forêt :
Les rares relations mutualistes entre les hommes et la faune : s’attarder sur le symbolisme très particulier des oiseaux pour les peuples forestiers.
Les oiseaux sont rarement une ressource alimentaire : beaucoup d’effort pour les capturer pour pas grand chose à manger au final : les oiseaux sont des proies d’enfants (les enfants sont « innocents » donc ne courent aucun risque à consommer les oiseaux).
Pour les adultes, les oiseaux sont l’objet de nombreux interdits alimentaires du fait de leur fonction symbolique : les oiseaux cumulent 3 aptitudes remarquables justifiant de leur position à part dans le règne animal : celle de voler, celle de chanter et celle de pouvoir se tenir sans trop de risque à proximité des hommes. Cela fait d’eux de fabuleux médiateurs entre les hommes et les forces surnaturelles de la forêt. Les oiseaux interviennent très souvent comme guides vers certaines ressources-clé, et comme messagers (danger imminent, colère des esprits, présages…).
Les Pygmées reconnaissent diverses espèces d’oiseaux signalant la présence d’un serpent, les guidant vers l’éléphant, le buffle, le potamochère, certains céphalophes, certaines ignames et… le miel.
Détailler l’exemple des relations mutualistes entre chasseurs de miel et l’indicateur, cet oiseau qui se nourrit exclusivement de cire d’abeille et de couvain et qui a besoin de l’aide d’un collecteur (mammifère) pour s’en procurer. Après la récolte du miel, les Pygmées laissent toujours au sol des rayons vides pour l’indicateur, en guise de remerciements pour les avoir guidés à la ruche.

S’il fallait montrer des images actuelles de derniers peuples de la forêt (j’y reste opposé), ce serait, là encore, pour casser l’image bucolique que notre imaginaire collectif persiste à entretenir (avec l’appui de nombreux médias). En finir avec ces peuples qui nous font fantasmer : montrer le développement de l’alcoolisme, de l’obésité, des cancers, de la clochardisation, des troubles psychologiques, des maladies sexuellement transmissibles, de la prostitution, de l’injustice sociale dont ces peuples sont victimes. Souligner la maladaptation dont ils sont aujourd’hui acteurs et victimes et les conséquences néfastes qu’elles font peser sur la forêt. Ce qui me gêne avec ces images, c’est qu’elles vont aller à contre-courant du message positif et beau que l’on veut transmettre à travers ce film.

3 – LA   FORÊT   PRIMAIRE :   LES   SOUS-BOIS

3A – LA   MUSIQUE   DE   L’AUBE
Humidité maximale : brume épaisse, du sol à la canopée.
Fond sonore : l’impact des gouttes d’eau à plusieurs niveaux sur les étages de feuilles.
« Dawn chorus » : le concert des oiseaux à l’aube, sur plusieurs niveaux là aussi.
Impression d’univers sonore en trois dimensions.

3B – LES   PLANTES   ADAPTÉES   À   L’OMBRE
A cause des chutes de litière, les plantes à très petites graines ne poussent que sur des supports verticaux, roches du sous-bois ou bases de troncs par exemple.
Nombreux pigments aux colorations diverses, parfois surprenantes : feuilles polychromes des Marantaceae, Orchidées-joyaux, etc.
Pour la plupart, les feuilles sont pourpres à leur face inférieure.
Feuilles noires des Geogenanthus (Am.) ; reflets « pétrole ».
Feuilles à reflets bleus des Bégonias et des Sélaginelles.
Spectaculaire, l’Amorphophallus titanum et son pétiole marbré (As.).
Plantes sans chlorophylle et sans feuilles : les saprophytes, Burmanniaceae et Gentianaceae (Am.), les Geosiris (Mad.).
Les parasites : Balanophoraceae à aspect de champignons, Helosis (Am.), Rafflesia (As.).
Les « épiphylles », plantes épiphytes sur des feuilles en sous-bois.
Les champignons à voiles de mariée : Dictyophora, Clathrus.

3C – L’ARCHITECTURE   DES   ARBRES   D’AVENIR
Les sous-bois montrent de nombreux exemples de jeunes arbres aux architectures spectaculaires. Modèles de Corner dépourvus de branches : Oncostemon (Mad.) ou Tapeinosperma (Mel.).
Modèles de Roux, à allures de Caféiers : Dipterocarpes ou Ylang-ylang (As.), Castilloa (Am.) aux branches qui s’élaguent.
Branches en éventails spectaculaires : Terminalia.
Troncs en baïonnettes : Cacaoyers (Am.), Alstonia (Af.).

3D – LES   PETITS   ANIMAUX   DES   SOUS-BOIS
Stratégies de camouflage et d’immobilité : Phyllies (As.). Les arthropodes sont souvent plus grands que la moyenne : Scorpion géant (Af.), Blattes géantes ou Mygales (Am.), Iules géantes et Cloportes (As.), scolopendres géants (As).
Sangsues (As., Mad.), Crabes sur le sol forestier.
Mollusques géants : les Achatines (Af.).
Abeilles sans dards inlassables butineuses qui colonisent les moindres anfractuosités (Af. Am.), abeilles géantes qui s’installent à l’aisselle des grands Koompassia (A. dorsata) ou dans les abris sous roche (A. cerana)
Coléoptères sur des inflorescences de Palmiers Astrocaryum (Am.). Larves de charançon dans les troncs de raphia. L’incroyable diversité de la faune des palmiers (60 spp. Spécifiques au palmier à huile, 165 au cocotier etc).
Faune souterraine, faune de surface, faune de litière, faune de tiges/tronc, faune de feuille, faune de canopée….
Filmer le passage du plus beau papillon du monde, le Morpho (Am.).

3E – LES   FOURMIS   ET   LES   PLANTES   QUI   LES   ABRITENT
Un marqueur de la forêt primaire : des fourmis tuées par des champignons Cordiceps.
Colonnes de fourmis « magnans », Anomma, Dorylus (Af.).
Fourmis ailées géantes : Magnans (Af.).
Colonnes des fourmis Atta portant des fragments de feuilles (Am.) pour les enfouir.
Les « Jardins de fourmis » (Am.).
Les plantes à fourmis : Cecropia (Am.), les corps de Müller sous les feuilles, l’intérieur des troncs creux avec la faune commensale et les fourmis Azteca.
Barteria (Af.), Tococca, Maieta, Duroia (Am.), Dischidia (As.), Khortalsia (fourmis qui cognent la paroi de la domatie avec leur abdomen et font vibrer la plante).
Le sommet de l’association plantes-fourmis: les « Couilles du Diable », Myrmecodia (As., Mel.) : vue externe, coupe, fonctionnement.

3F – LES   ANIMAUX   DU   SOUS-BOIS
Les serpents sont timides ; on voit très peu de gros animaux, à part les Lémuriens (Mad.).
Caméléons et Uroplates (Mad.).
Colibris et Oiseaux coureurs (Am.).
Lézards volants (As.).
Gorilles, Céphalophes, Pangolins et Ecureuils volants (Af.).
Fourmiliers, Tatous, Chauve-souris sous les feuilles (Am.).
Crottins d’Éléphants ; têtards dans l’eau des traces d’Éléphants (Af.).
Tortues en train de manger des champignons.
Grenouilles mimétiques des feuilles mortes (Am.).
Pontes de Batraciens dans les feuilles au dessus de la rivière.

3G – UN   EXEMPLE   DE   RÉSEAU   BIOTIQUE (Am.).
Les Chauve-souris Artibeus dispersent les graines de l’Imbauba (Cecropia).
L’Imbauba est un arbre pionnier, qui germe en masse dans les « chablis ».
Les fourmis Azteca s’installent dans l’Imbauba, y pratiquent l’élevage des cochenilles et défendent leur hôte contre ses prédateurs. Toutefois, les Azteca tolèrent les « Jardins de fourmis » installés dans les branches de l’Imbauba ; ils tolèrent aussi les Paresseux.
Les Paresseux sont verts, à cause des algues vertes unicellulaires qui poussent dans leur pelage ; ce pelage abrite aussi des papillons dont c’est la niche écologique exclusive.
Les Paresseux sont « porteurs sains » des flagellés unicellulaires Leishmannia.
Ces derniers peuvent être transportés par un très petit Diptère Phlébotome, Lutzomia, et injectés par piqure dans le sang d’un être humain, lequel contracte alors la Leishmanniose, une maladie à métastases, qui peut être mortelle.
De proche en proche, ce réseau implique toute la forêt.

3H – LA   COÉVOLUTION   PLANTES-ANIMAUX,   SOURCE   D’ESPÈCES (Am.).
Le papillon Heliconius pond sur une Passiflore, dont les chenilles mangent les feuilles.
Changement génétique dans la Passiflore, qui devient toxique.
Changement génétique dans le Papillon, qui s’adapte à une nourriture toxique, et devient toxique lui-même. Chaque étape est contrôlée par un nouveau changement génétique.
Heliconius, devenu toxique, adopte de brillantes couleurs qui avertissent ses prédateurs.
Mimétisme Batésien : des papillons non toxiques adoptent les couleurs d’avertissement.
Le genre Passiflora diversifie à l’extrême les formes de ses feuilles.
Avec un aliment énergétique, le pollen d’Anguria, Heliconius prolonge son existence et devient capable de mémoriser les formes foliaires des Passiflores.
La Passiflore met en place des « faux œufs » d’Heliconius, ce qui dissuade ce dernier de pondre. On attend maintenant la riposte d’Heliconius.
L’accumulation des changements génétiques correspond à l’apparition de plusieurs dizaines d’espèces nouvelles de Passiflores et d’Heliconius.

3I – SOUS-BOIS :   LA   CHALEUR   DE   L’APRÉS-MIDI
Un cinéaste talentueux devrait pouvoir rendre l’impression de « temps lourd » qui s’installe vers 16 heures.
Dans les « chablis », les feuilles de toutes les plantes pionnières sont flétries.
Certains sons sont liés à cette chaleur de canicule : capsules et gousses éclatent en haut des arbres et les graines tombent au sol. Force de projection de certaines graines
Les cigales qui font des bruits d’arcs électriques. Beaucoup d’autres animaux sont silencieux.
Les feuilles de la litière qui crissent sous les pas.
La lumière baisse, les ombres s’estompent, le vent se lève : l’orage n’est plus très loin.

3J – L’ORAGE   EN   SOUS-BOIS
Danger réel : le vent fait tomber des branches mortes et des plantes épiphytes.
Le bruit de l’arrivée du mur d’eau ; la pluie dure une heure environ.
Lorsque le soleil revient, le sous-bois fume, comme les trottoirs des villes après l’averse.
Réveil de la faune : le concert forestier reprend.
Variations sur le thème de l’eau : de nombreuses plantes en secrètent par leurs feuilles.
Les ruisseaux du sous-bois deviennent torrentueux.

3K – LES    FOUGÈRES   DES   FORÊTS   TROPICALES   HUMIDES
Les Fougères sont des plantes liées à l’humidité et particulièrement séduisantes.
A montrer, très technique : les deux phases dans la vie d’une fougère, N et 2N.
Fougères arborescentes atteignant 10m de hauteur.
Fougères épiphytes, fougères aquatiques, fougères lianes.
Fougères à bulbilles, fougères à stolons.
Microscopiques Fougères translucides, sur la base des troncs : Hyménophylles.

3L – LA   FAUNE   FORESTIÈRE   LIÉE   À   L’EAU
Escargots, Achatines, Limaces et Mollusques sans coquilles.
Sangsues sur le sol, parfois perchées sur les branches basses en attendant leur proie.
Grenouilles, Rainettes arboricoles. Dendrobates multicolores dans les zones sombres. Grenouilles Goliath, grenouille siffleuse (Af)
Crabes au sol, Crevettes et Caïmans dans les cours d’eau.
Mangrove : des poissons Périophtalmes sur les branches des Palétuviers.
Lamantins, dugons (Af.), dauphin de l’Amazone (Am.), poissons silures énormes

3M – DES   FRUITS   ÉTRANGES, DES   GRAINES   INATTENDUES
Les « cabosses » des Cacaoyers (Am.) ou des Tambourissa (Mad.).
Les fruits sur le tronc, Figuiers ou Omphalocarpum (Af.).
Les fruits en forme de marmites des Lecythidaceae (Am.).
Les fruits colorés, Cola (Af.), Roucou et Genipa (Am.).
Durian, le roi des fruits (As.). Ailes volantes des Zizania (As.).
Florilège sur les graines volantes, arabesques multiples
Kapok de fromager
Cavités résineuses des graines de Sacoglottis assurant la flottaison
Les gousses géantes des Entada, atteignant 1,80m de long (Af.).
Les fruits à écailles : Raphia (Af.), Burití (Am.), Rotins et Sagoutiers (As.).
Graines et germinations : le sous-bois, à la fois pourrissoir et germoir.

3N – LES   SOLS   FORESTIERS
La haute activité microbienne entraine la disparition rapide de la matière organique : sols rouges, jaunes ou blancs.
Une vie souterraine abondante : les champignons symbiotes des racines, les racines spécialisées.
Insectes, Collemboles, Nématodes, Onychophores, Acariens, etc.
Fourmilières et termitières souterraines ; cultures de champignons.
Mammifères fouisseurs : Tatous (Am.), Échidnés (Mel), Pangolins (Af.), sanglier barbu de Bornéo, Babirusa (As).

3O – LES   RACINES
Les arbres à racines aériennes : Palétuvier, Pandanus (Af., As., Mad.), Uapaca (Af.).
Des troncs formés de racines : Figuiers banyans, Fougères arborescentes.
Des racines dans les feuilles des Dischidia (As.).
Des racines recouvrent le tronc d’un Palmier, ou investissent un tronc mort, couché ou encore debout.
Les racines sur le temple d’Angkor au Cambodge.
Les soudures racinaires de l’Okoumé du Gabon.
Racines sous les « réitérations ».

3P – LA   NUIT  EN   SOUS-BOIS
L’orage qui s’éloigne : des éclairs lointains, sans tonnerre.
Les champignons phosphorescents à la surface du sol.
Lucioles, Vers luisants, Fulgor, etc.
Une chasse aux insectes en sous-bois, avec un piège lumineux.
Des yeux qui brillent dans les faisceaux des lampes-torches. Tupai, Potto, chauves-souris, genettes, civettes, damans, pangolins, fourmiliers
L’incroyable activité nocturne de la faune (grande et petite) et de la flore (la respiration des plantes, la vitesse de croissance des lianes. Contredire l’idée que la nuit est faite pour « dormir » (on peut montrer un nid de chimpanzé) en montrant qu’une grosse part de la croissance et de la régénération se fait de nuit.
Vers minuit, la brume s’installe : impression de froid insister sur les fortes amplitudes thermiques quotidiennes contrastant avec l’idée de tropiques à T° constantes.

4 – LA   CANOPÉE   DE   LA   FORÊT   PRIMAIRE

4A – L’ACCÈS   À   LA   CANOPÉE :   ASPECTS   TECHNIQUES
Les grimpeurs.
Les singes dressés (As.).
Les tours, les grues, les « walkways ».
Le « projet COPAS » de Guyane (Am.).
Les équipements du « Radeau des Cimes » : radeau, luge, bulle, cinébulle, Icos et arboglisseur.

4B – L’ASCENSION
Le matériel d’ascension, la manière de s’équiper, le départ.
L’ascension elle-même : la stratification forestière devient visible. La fatigue.
L’accroissement lumineux du sol à la canopée, de 0,5% à 100%.
La timidité des cimes, vue de près, par-dessous.

4C – LES   FORMES   DES   CIMES
Toutes les nuances de vert, toutes les formes de cimes : cimes denses ou brisées en « cimettes », pointues ou sphériques, bombées ou plates.
Le « chablis », un trou dans la canopée dû à la chute d’un arbre : vers le bas, on a une vue jusqu’au sous-bois, les arbres pionniers et les ruisseaux qui brillent.
Toutes les couleurs de fleurs.
Désynchronisation au sein d’une même cime.
Intrication des cimes entre les arbres et les lianes.
Cimes bleues dans les lointains.
Circulation dans les hautes branches : l’accès aux végétations épiphytes de la canopée.

4D – LES   JARDINS   D’ÉPIPHYTES
Les grands arbres portent des épiphytes depuis le sol jusqu’à la cime, mais les véritables jardins d’épiphytes sont en haut, à quelques mètres sous la canopée.
Les fourmis apportent les graines et créent une bonne partie des jardins (3E) (Am.).
Principales plantes épiphytes : Mousses, Fougères, Orchidées, Bégonias, Araceae, Bromeliaceae, Utriculaires, Melastomataceae, Ericaceae, Rubiaceae, Apocynaceae, etc.
Des épiphytes beaucoup plus rares, comme des Gentianes ou des Cactus, peuvent être rencontrées.

4E – FLORE   ET   FAUNE   DES   AQUARIUMS   DES   BROMELIACEAE (Am.).
Dans toute l’Amérique tropicale, la famille des Bromeliaceae constitue une part essentielle de la flore épiphyte.
Les plus grandes d’entre elles sont organisées comme des pluviomètres ou des aquariums.
Suspendues en haut des grands arbres, certaines des Bromeliaceae-aquariums contiennent jusqu’à 20 litres d’eau.
A la base de la plante, un terrarium abrite une faune adaptée : serpents Geophis, araignées, scorpions et insectes, etc.
Au-dessus du terrarium, l’aquarium abrite des crustacés, des larves d’insectes, des Dytiques, des têtards et batraciens divers ; la flore aquatique comporte des algues unicellulaires et une Utriculaire.

4F – LES   INSECTES   DE   LA   CANOPÉE
La surabondance des fourmis. Fourmilières et termitières arboricoles.
Des coléoptères semblables à des bijoux : Cétoines, Carabes, Longicornes, Charançons, Cassides, Coccinelles, Buprestes, etc.
Insectes mimétiques d’autres insectes.
La biologie florale des figues.
(La collaboration avec les entomologistes est obligatoire).

4G – REPTILES,   BATRACIENS,  OISEAUX   ET   MAMMIFÈRES
Lézards. Caméléons (Af., Mad.). Rainettes arboricoles.
Rapaces, oiseaux de nuit. Colibris visitant les fleurs (Am.).
Ecureuils et Ecureuils volants.
Ahua ou Dendrohyrax (Af.).
Chauve-souris visitant les fleurs nocturnes.
Singes. Singes hurleurs (Am.), Lémuriens (Mad.), Paresseux (Am.).
Orang-outan (As.).
(La collaboration avec les zoologistes est obligatoire).

4H – L’ORAGE   SUR   LA   CANOPÉE
En fin d’après-midi, rendre l’impression de très forte chaleur.
Le « temps lourd » : ciel blanc, pas d’ombre, silence, canicule quotidienne.
L’arrivée du « cumulo-nimbus ». Le violent coup de vent qui précède l’orage.
L’arrivée du mur de pluie : son bruit caractéristique. Tonnerre et éclairs.
L’orage cesse puis s’éloigne : les feuilles brillent, la canopée fume. Vols de Libellules.
Retour du soleil et réveil de la faune.

4I – LA   NUIT   SUR   LA   CANOPÉE
Des éclairs lointains mais plus de tonnerre.
Le concert nocturne se met en place dès le crépuscule
Nuit sans lune : la voie lactée, les Lucioles.
Rainettes arboricoles, insectes, oiseaux de nuit, Ahua (Af.).
La « pulsation » du concert canopéen au cours de la nuit, jusqu’au « dawn chorus » (3A).
Par une nuit sans lune, après la pluie, une chasse avec un piège lumineux : les millions d’insectes, une vision directe de la diversité biologique à son niveau maximal.
D’autres nuits : la Lune horizontale des Tropiques, la canopée sous la pleine Lune.

CONCLUSION
Comme je l’ai dit plus haut, il ne sera pas possible de tourner tous ces « plans » : il faudrait des années de tournage. Par contre il est vraisemblable que nous trouverons des plans de grande qualité qui n’ont pas été prévus ici : par définition, nous sommes dans le berceau de la diversité biologique terrestre.
Attention, le « néophyte » risque de ne rien voir, là où le professionnel découvrira des scènes admirables.
Une importante remarque finale concernant le sous-bois (3A a 3P). Il importe de ne pas tomber dans le travers des « écolos angéliques » en montrant une accumulation de merveilles animales et végétales : l’austérité apparente du sous-bois doit être préservée.

Francis Hallé – Edmond Dounias – Février 2010


6 Réponses to “Avancement du projet”

  1. je suis heureux de lire votre projet, merci pour ce film que j’attends avec impatience.
    Salutations particulières à Francis
    cordialement,
    noui

    • bonjour,
      merci de votre soutien !
      le rapport de mission que Francis a effectué au LAOS sera bientôt consultable sur les site dans la rubrique « mission en cours » et avancement du projet.
      très cordialement,
      Vincent LAJARIGE

  2. J’ai hâte de voir le résultat.
    Bravo d’avance et bon courage

  3. Bonsoir Mr LAJARIGE

    Je n’ai pas reçu de suite à mon courrier, pourriez-vous me faire savoir ce qu’il en est concernant ma participation au projet en discussion avec Mr Francis Hallé. Participation encore une fois à mes propres frais.
    Merci d’avance.

    Claude Quinet

  4. Bonjour

    Je vous avez laissé un message il y a quelques temps après avoir rencontré Monsieur Francis Hallé. Il m’a demandé de vous contacter pour faire partie du voyage à mes propres frais et pourquoi pas vous être utile dans la préparation de ce film. J’aimerai vraiment vivre cette expérience, je vous rappelle que je suis également grimpeur avec formation tropicale. J’ai fait part de mn expérience à Monsieur Francis Hallé.
    Au plaisir d’avoir de vos nouvelles très bientôt. Merci
    Claude Quinet

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